MONTGOLFIER 2007 Vincent BAUJAT
Jeudi 14 juin 2007MONTGOLFIER 2007
Comité des Arts Mécaniques
Vincent BAUJAT
Vincent BAUJAT est Polytechnicien et titulaire d’un troisième cycle de l’École nationale Supérieure des techniques Avancées, en tant qu’ingénieur de l’Armement, option Construction Navale.
En septembre 1983 lorsqu’il a rejoint la DCN de Cherbourg, Vincent BAUJAT a pris les fonctions d’Ingénieur Spécialiste Coque. Il a eu la chance à cette époque de pouvoir créer et prendre la direction du groupe de travail qui réfléchissait au développement et à l’industrialisation des méthodes et des procédés de construction de la coque du premier sous-marins nucléaire lanceur d’engins de la nouvelle génération (SNLE type LE TRIOMPHANT).
Les travaux allaient de l’étude de l’architecture détaillée de la coque du sous-marin, à la validation des méthodes de fabrication. Un certain nombre de « premières » ont été réalisées avec la fabrication de très grandes pièces forgées au Creusot, le soudage par faisceau d’électrons des tubes lance-missile, le développement et la mise au point d’une grande machine à jonctionner les sections de sous-marins, le développement et l’industrialisation d’un nouveau procédé de soudage MIG en chanfrein étroit. Vincent BAUJAT est l’inventeur de ce procédé pour lequel il a posé un brevet à l’époque.
Après cette période faste d’innovation d’autres défis attendaient Vincent BAUJAT. Il a trouvé un nouveau terrain d’exploits technologiques à la SIDEM, Société Internationale de Dessalement.
A son arrivée à la SIDEM en 1990, le PDG et fondateur lui a confié l’animation de la Recherche et du Développement. A cette époque SIDEM connaissait des succès réguliers dans le domaine du procédé MSF (Multi Stage Flash) et avait conquis une place de choix sur le petit banc des dessaleurs. Mais déjà elle regardait vers l’avenir: le procédé Multiple Effet (MED) qui consomme trois fois moins d’électricité que le MSF mais n’avait pas le même niveau de fiabilité que lui. Les grands projets de dessalement utilisaient tous le MSF à l’époque et le MED n’existait qu’en très petites unités pour satisfaire les besoins industriels.
S’appuyant sur le diagnostic qu’il fallait élargir le champ des compétences scientifiques de l’entreprise pour résoudre les limites du MED, Vincent BAUJAT a organisé la R&D en allant recourir aux meilleurs spécialistes de ces différents domaines là où ils se trouvaient, en France.
C’est ainsi qu’un partenariat a été mis en place avec l’ONERA, grâce auquel SIDEM a considérablement progressé dans le dimensionnement de ses thermocompresseurs. De même une thèse de doctorat a été réalisée sur le mouillage des tubes d’échangeurs avec l’ESPCI, et SIDEM a pu définir les règles de dimensionnement des très grands échangeurs.
Ces actions de fond ont d’abord permis de forger une confiance inaltérable dans ce procédé MED et ensuite de proposer aux clients des unités de taille de plus en plus grande.
SIDEM qui vendait des usines MED de 5000 m3/jour en 1990, a peu à peu gravi les échelons pour vendre en 1999 une première grande usine composée de 14 unités produisant au total 240 000m3/jour.
Depuis, les références se consolidant et les performances recherchées étant au rendez-vous, SIDEM a été systématiquement conviée à participer aux plus grands appels d’offres, ceux jusqu’alors réservés aux fournisseurs de MSF. C’est ainsi que SIDEM a remporté en 2006 le contrat de Bahreïn qui porte sur 270 000 m3/jour avec 10 unités MED. C’est également ainsi que SIDEM est sur le point de signer cette année un contrat pour la réalisation de la plus grande usine de dessalement du monde, en Arabie Saoudite, pour 800 000 m3/jour en MED.
Vincent BAUJAT n’a jamais cessé de s’occuper de la R&D de SIDEM, Après les premières années, il a été nommé Directeur Technique et des Réalisations, puis Directeur Général Adjoint et Directeur Général à partir d’avril 2002.
Voilà comment le MED de SIDEM, issu de la R&D française, est en train de s’imposer dans le monde comme le premier procédé de dessalement thermique. SIDEM a pris une avance considérable sur ses concurrents, avec près de 80% d’un marché en plein essor. Le chiffre d’affaire qui s’établissait à 100M€ en moyenne, a plus que doublé en 2006 et doublera encore en 2007.
Pour ses contributions d’innovations industrielles de tout premier plan et pour l’encourager dans cette voie, sur proposition du Comité des Arts Mécaniques, la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, décerne à Vincent BAUJAT un MONTGOLFIER 2007.