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Chroniques

19 septembre 2016: Hommage à Edouard-Léon Scott de Martinville, Les premiers enregistrements sonores au monde de la voix

 

portrait Scott de Martinville mc 2

Les premiers enregistrements sonores au monde de la voix ont été réalisés, en France par Edouard Léon Scott de Martinville entre 1853 et 1860 et sont conservés dans les archives de quatre institutions françaises : la Société d’Encouragement pour l’Industrie nNtionale (SEIN), l’Institut de France, l’Académie des sciences et l’Institut National de la Propriété Industrielle (INPI).

Ces enregistrements sonores de Scott de Martinville qui avait comme idée de « photographier la parole » ont été réalisés avec un appareil qu’il a appelé le phonautographe, et sont donc désignés comme des phonautogrammes. La restitution sonore de ces enregistrements  a été réalisée grâce aux travaux effectués  par les historiens des quatre institutions françaises et deux historiens américains, Patrick Feaster et David Giovannoni,  de l’Association for Recorded Sound Collections, First Sounds.

L’Unesco a inscrit cette invention en septembre 2015 au registre international de la Mémoire du monde. Pour saluer la décision de l’UNESCO, la Commission d’Histoire de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, organise sous le patronage de la Commission nationale française pour l’UNESCO, du Programme Mémoire du monde de l’UNESCO, de l’Académie des sciences, et l’Institut National de la Propriété Industrielle, une cérémonie au cours de laquelle le certificat d’inscription au registre international de la Mémoire du Monde sera remis au représentant de l’Association for Recorded Sound Collections, First Sounds.

 

Phonautograph INPI site

Le phonautographe de L.E. Scott de Martinville – Brevet INPI

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2 Février 2016: La Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale et les frères Lumière, au tournant du XIXe et XXe siècles: une question d’images

Nouvelle publication de la commission histoire de la Société d’Encouragement sur les frères Lumière :

Une question d’images

 

cinématographe

 

7 Janvier 2016: Hommage à un pionnier de l’Aéronautique, 1er pilote du Concorde, André Turcat, Chaptal de l’Industrie  1998

 

Serge Dassault remet à André Turcat le Chaptal de l'Industrie 1998 copyright©2016  Société d'Encouragement pour l'Industrie Nationale

Serge Dassault remet là André Turcat un Chaptal de l’Industrie 1998
copyright©2016 Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale

Extrait de nos archives: discours de présentation d’André Turcat lors des Chaptal de l’Industrie 1998

« Polytechnicien, Docteur ès lettres, il orientera sa carrière à 29 ans vers la fonction développement et plus particulièrement vers un aspect technologique précis : l’essai en vol. Sa compétence et ses qualités en font le Directeur de l’Ecole du personnel naviguant d’essais puis plus tard, le Directeur des essais en vol de Sud Aviation (Aérospatial).

Etre pilote d’essai, suppose beaucoup de qualité d’intelligence et de connaissances. C’est être au fait dans le détail de la conception de l’avion en cause et de ses limites théoriques de chacune des pièces. C’est aussi être au fait des étapes de la construction du prototype et des problèmes pratiques rencontrés en atelier.

Pour essayer Concorde, il fallait composer une équipe comprenant les meilleurs, la France a choisi André Turcat, pour diriger la sienne, l’homme des records de vitesse mais aussi l’homme sensible à toutes les nuances, qui sait lire entre les lignes.

Essayer, c’est pousser l’avion à ses limites, dans les situations les plus dangereuses que celui-ci peut rencontrer au cours de sa vie et constamment émettre des hypothèses, proposer des solutions. Un pilote d’essai, c’est avoir de l’oreille, du doigté, de la sensibilité et aussi du courage, car c’est un métier à risque.

Avec le Commandant Cousteau et Brigitte Bardot, André Turcat est l’un des français les plus connus au monde, il est titulaire de nombreuses distinctions étrangères.

La Société a nommé Chaptal 1998, André Turcat pour la mise au point d’un des fleurons de notre savoir-faire dans le domaine de l’aviation. A travers lui, elle rend hommage aux autres pilotes d’essai du Concorde et à tous les pilotes d’essai civils et militaires qui ont fait le sacrifice de leur vie, pour que les ailes françaises soient les meilleures et les plus sures. »

copyright©2016 Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale

 

17 décembre 2015 : Prix CILAC  Jeune chercheur en patrimoine industriel scientifique et technique 2015

Prix CILAC 2015

La Société d’encouragement pour l’industrie nationale soutient la 5e édition du Prix CILAC Jeune chercheur en patrimoine industriel scientifique et technique, qui a  lieu, le jeudi 17 décembre 2015, à l’Hôtel de l’industrie.

Les lauréats sont :

Benjamin BOTHEREAU, La technique et le symbole. Imaginaire technique et économie urbaine de l’éclairage. (Paris-Barcelone, XVIIIe – XIXe siècles), EHESS, doctorant en Histoire des sciences, technologies et société

et

Michaela FLORESCU, « Voyage en carrosse ». Étude et conserva on – restaura on d’un prototype de micro car en aluminium de Paul ARZENS, 1951, INP Paris, master Restaurateur du patrimoin

 

 

29 avril 2015: Hommage au grand défenseur de l’entreprenariat, François Michelin, 1er Chaptal de l’Industrie en 1996

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François Michelin (1926-2015) à la Cérémonie des Chaptal en 1996

En plus de ses qualités de stratège visionnaire, d’animateur d’états-majors, d’équipes de recherches technologiques et d’une vaste communauté laborieuse performante, François MICHELIN, petit-fils du fondateur de la Compagnie Michelin, a été honoré du premier « Chaptal de l’Industrie » par la Société d’Encouragement de l’Industrie Française en 1996.

La séance présidée par le Professeur Pierre-Gilles de Gennes, Prix Nobel de Physique, et M. Bernard Mousson, président de la Société d’Encouragement de l’époque, a salué au delà de l’extraordinaire réussite économique, le modèle de « l’entreprise familiale » qui repose sur la recherche de l’épanouissement au sein de l’entreprise car « le métier de patron, c’est de créer les conditions de la passion » conclue François Michelin.

Le « Chaptal de l’Industrie » distingue annuellement, depuis 1996, un lauréat parmi ceux qui ont prouvé que non seulement ils étaient animés par l’esprit de conquête industrielle mais aussi capable de conquérir des marchés à dimension mondiale.

La Société d’Encouragement souhaite rendre hommage à ce grand défenseur de l’entreprenariat, qui a été fier « d’avoir aider des hommes à grandir ».

22 mars 2015: Pourquoi la première projection de cinéma a-t-elle eu lieu à la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale ?

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La sortie de l’usine Lumière à Lyon (1895) – Frères Lumière

La plupart des historiens du cinéma mentionnent que la toute première projection cinématographique publique a eu lieu le 22 mars 1895, dans l’Hôtel de l’industrie de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale, au 44 rue de Rennes à Paris (aujourd’hui 4 place Saint Germain-des-Prés). Mais peu d’entre eux se sont souciés de connaître les raisons qui ont fait que Louis Lumière avait choisi, pour présenter son kinétoscope de projections, ce lieu, et donc la Société d’Encouragement, et cette date.

Louis Lumière est venu faire une de ces conférences publiques mensuelles que la Société organisait pour donner un maximum d’écho aux grandes avancées scientifiques et techniques du temps. Le sujet en est “L’industrie de la photographie et la photographie des couleurs de M. Lippmann », et c’est à l’issue de cette conférence – aux alentours de 22 heures, nous disent les procès-verbaux des réunions du Conseil -, qu’il projette la Sortie des usines Lumière, saluée par “les applaudissements de l’auditoire”.

Le soutien de la Société d’Encouragement aux techniques de l’image

En cette fin de XIXème siècle – et la venue de Louis Lumière doit se comprendre d’abord dans ce contexte – les questions de photographie, et plus généralement de reproduction de l’image ne sont pas des sujets nouveaux pour la société. Depuis sa fondation en 1801, la Société d’Encouragement s’était toujours intéressée aux techniques liées à l’image : elle a été à l’origine de l’introduction en France de la lithographie dans les années 1820, et a ensuite soutenu de manière très active les progrès des techniques photographiques à partir des années 1840.

D’ailleurs, nombreux ont été les dirigeants de la Société d’Encouragement parmi les fondateurs de la Société française de photographie. Et c’est l’un des présidents de cette société de photographie, Louis Alphonse Davanne, (1824-1912), chimiste et photographe, membre éminent du Comité Constructions et Beaux-Arts de la Société d’Encouragement, qui va réunir Louis Lumière et Gabriel Lippmann. `

Louis Lumière est un membre actif de la Société française de photographie. Avec son frère Auguste, il s’efforce de développer l’entreprise fondée par leur père, et met au service de ce développement son grand esprit d’invention et son sens de l’innovation. Il suit de près toutes les découvertes et les inventions présentées et discutées par les spécialistes. Il s’intéresse en particulier à la photographie en couleurs, sujet étudié par Gabriel Lippmann (1845-1921), lui aussi membre actif de cette même société. Lippmann, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, physicien, professeur à la Sorbonne en 1883, membre de l’Académie des sciences en 1886 (futur Prix Nobel de physique en 1908) vient de découvrir en 1891 une méthode d’obtention d’images en couleurs par une méthode interférentielle. Naturellement intéressé, Lumière souhaite introduire cette technique au niveau industriel, et s’est rapproché de Lippmann pour développer le procédé.

En 1895, le président de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale est Eleuthère Mascart (1837-1908). Comme Lippmann, il est ancien élève de l’Ecole Normale supérieure, physicien, professeur au Collège de France en 1872. Il devient membre de l’Académie des sciences en 1884. A la Société d’encouragement, Mascart a relancé le programme des conférences, dans la tradition initiée par ses prédécesseurs depuis Jean-Baptiste Dumas. Pour établir le programme de ces conférences, il sollicite les comités spécialisés de la Société. C’est dans ce cadre qu’Alphonse Davanne, propose, d’abord au Comité des beaux-arts, puis au président Mascart, vraisemblablement à la fin de 1893, de demander à Lumière de présenter une conférence à la Société d’encouragement.

En parallèle, on perçoit une stratégie de mise en valeur de l’invention associée à cette proposition de conférence. Durant tout le XIXe siècle, la Société d’Encouragement est en effet l’instance incontournable en France pour examiner les inventions, les évaluer et les diffuser. Composée depuis sa fondation de spécialistes de très haut niveau, de savants et d’industriels, elle a toujours été une instance reconnue par les gouvernants et les industriels. A la fin du XIXème siècle, elle met l’accent sur les découvertes scientifiques qui peuvent recevoir des applications industrielles et sur les industries qui mettent en œuvre des procédés basés sur des découvertes scientifiques récentes.

Pour Davanne, mettre en vedette Louis Lumière permet de lui offrir une rampe de lancement pour lui conférer une notoriété nationale et même internationale, favorisant ainsi le développement de son activité industrielle, tout en soulignant l’importance de la découverte scientifique de Lippmann.

D’ailleurs, les frères Lumière publient, comme un préalable, dans le Bulletin de juin 1894, une note sur les travaux de Lippmann, qui vient de faire une communication quelques mois auparavant à l’Académie des Sciences. Dans cette note, ils prennent bien soin de souligner la part pratique qu’ils ont prise dans la préparation des plaques autochromes destinées aux expériences scientifiques.

Une expérience inattendue

Mais, les frères Lumière n’ont pas que la photographie couleur en tête : ils ont vu les inventions d’Edison. Mais eux, vont trouver le moyen de permettre l’exploitation de l’image en mouvement.

Alors que la date de la conférence a été vraisemblablement arrêtée dans les derniers mois de 1894, ils s’empressent de déposer, le 13 février 1895, un brevet d’invention pour un « Appareil servant à l’obtention et à la vision des épreuves chrono-photographiques ». Le faire un mois avant la conférence, souligne bien leur volonté de protéger leur invention mais aussi de faire de la séance du 22 mars un banc d’essai. Ils réalisent leur film trois jours avant la conférence et créent un effet de surprise le 22 mars. La suite est bien connue des historiens du cinéma.

L’auditoire de Louis Lumière le 22 mars 1895 était composé de grandes notabilités de la science et de l’industrie, membres du conseil ou simples sociétaires, des journalistes spécialisés et d’invités, dont une bonne part de membres de la Société de photographie, parmi lesquels Léon Gaumont, mais aussi de personnes simplement cultivées, et passionnées par les progrès techniques.

Cette séance a frappé beaucoup les esprits. Trois mois plus tard, Mascart dira au sujet du cycle de conférences qui venait de se terminer : « L’éclat de nos séances est dû, pour la meilleure part, aux conférenciers qui ont bien voulu nous apporter les concours de leur expérience et de leur talent : les conférences de cette année ont été particulièrement brillantes, et ont attitré dans cette salle un public si nombreux qu’il a paru nécessaire d’en élargir l’enceinte » : comment ne pas penser que la conférence du 22 mars était encore largement présente à son esprit ?

Son souvenir en sera encore très présent lorsque, quarante ans plus tard, la Société célébra l’anniversaire de la projection, en 1935, et apposa une plaque que l’on peut voir dans la salle qui porte aujourd’hui son nom. Pour cette cérémonie, Louis Lumière, devenu membre du Conseil de la Société, apporta spécialement le négatif du film projeté le 22 mars et Léon Gaumont, devenu lui aussi membre du conseil d’administration, souligna que c’était ce jour-là, qu’était née sa vocation. Un beau témoignage de membres illustres de notre société.

Daniel Blouin et Gérard Emptoz, membres de la commission histoire de la Société d’Encouragement

Pour en savoir plus :

– Extrait du Bulletin de la Société d’Encouragement séance du 22 mars 1895

– Extrait du Bulletin de la Société d’Encouragement Séance de 1935

– le brevet de 1895 http://cinematographes.free.fr/lumiere-245032.html

– notice sur le cinématographe http://cinematographes.free.fr/lumiere-cinematographe-notice.html