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Note de lecture : Croissance, énergie, climat. Dépasser la quadrature du cercle

 

Selon Philippe Charlez, la « quête du Graal » des temps modernes serait d’assurer à une population mondiale, toujours plus nombreuse, un niveau de confort continuellement croissant, sans dégrader pour autant la qualité de son environnement : air, écosystèmes, climat, santé des humains et des animaux… Et, bien sûr, sans épuiser des réserves d’énergies fossiles qui ont requis des centaines de millions d’années pour se constituer. Notre confort moderne a pourtant été acquis grâce à l’exploitation, voire la surexploitation, de ces énergies fossiles. Propos illustrés en rappelant qu’avant la révolution industrielle induite par l’invention de la machine à vapeur et la découverte de l’électricité, un homme, à la force de ses propres muscles, produisait un travail journalier équivalent à un kilowattheure ; ce travail, EDF nous le facture actuellement 0,16€. Cependant, assurer la progression rapide du standard de vie d’un nombre croissant d’individus n’est pas sans conséquences : les experts chiffrent à moins de deux siècles les réserves fossiles mondiales ; le CO2 rejeté accélère le réchauffement de la planète Terre ; l’atmosphère très polluée de certaines grandes métropoles devient irrespirable…

L’ouvrage se structure autour de l’« équation de Kaya », une expression mathématique qui corrèle les impacts environnementaux avec des facteurs démographiques, économiques et technologiques :

tCO2/hab = tCO2/MWh (1) x MWh/k€ (2) x k€/hab (3)
Ces trois facteurs sont respectivement : (1), le pouvoir d’émission moyen d’un mix fossile ; (2), l’intensité énergétique ; (3), le PIB par habitant. L’auteur explique comment minimiser chacun des termes de cette équation en insistant sur le (2), l’intensité énergétique, très médiocre dans les pays émergents ; ce serait elle qui impacterait beaucoup le bilan CO2 de la planète.

L’auteur propose des solutions régionales qui réduiraient en priorité l’« intensité énergétique » des pays émergents, gros contributeurs à l’élévation de la concentration du CO2 dans l’atmosphère. En ce qui concerne la production d’électricité, le pétrole s’est éliminé de lui-même avec ses coûts dissuasifs. Le charbon, dont les prix demeurent traditionnellement très bas, revient en force alors qu’il détient le record du CO2 généré pour 1 kWh d’électricité produit ; il serait donc à bannir rapidement. L’électricité produite au gaz naturel possède un impact CO2 réduit grâce à la double génération, turbines et vapeur ; cela porte son rendement de conversion à presque 60% ; elle devrait être privilégiée. Les conséquences de l’environnement géopolitique sur la sécurité des divers approvisionnements sont discutées. L’auteur explique aussi comment les Américains, qui ont fortement développé l’exploitation des gaz et pétroles de schiste, possèdent les manettes de la régulation des prix mondiaux des hydrocarbures : les infrastructures nécessaires à la mise en place de ces technologies étant plus souples et plus rapides que pour les sources traditionnelles en forages offshore.

La France tient une position singulière, 70% de son électricité est d’origine nucléaire. Selon l’auteur, elle serait incapable de se débarrasser de cette contrainte à court terme sans faire « exploser » son empreinte CO2. Il faudra apprendre à vivre encore avec le nucléaire pendant quelques décennies.

Philippe Charlez est l’invité du Petit-déjeuner de la science et de l’innovation du 14 décembre 2017.

 

Jean-Pascal Duchemin, Président du Comité des Arts Physiques de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale

 

120 ans de cinéma- Cinéma d’hier et d’aujourd’hui

Entre la grande salle de l’Hôtel de l’Industrie le 22 mars 1895 où eu lieu la 1ère projection d’un film par les Frères Lumière et les 5 600 salles de cinéma aujourd’hui en France, que de chemin parcouru ! Et pourtant…

Le point commun entre ces deux pôles : l’amour quasiment jamais démenti que les français portent à la salle obscure, à l’heure de la diffusion des films sur tous les supports possibles. La salle de cinéma reste malgré tout, la pratique culturelle la plus populaire et la plus accessible et la France, le pays le plus cinéphile d’Europe.

En offrant un spectacle cinématographique très varié et modernisé, grâce au passage exemplaire au numérique, les salles de cinéma ont montré qu’elles savaient s’adapter et attirer un public désireux de vivre l’expérience incontournable et unique de l’émotion collective.

Deux chiffres retiennent notre attention : plus de 200 millions d’entrées et plus de 40% de part de marché pour le cinéma national.

Ces chiffres exceptionnels que la France connaît depuis plusieurs années et que nombre de pays dans le monde nous envient sont la preuve du dynamisme de notre industrie à l’heure où trop peu de secteurs connaissent des croissances positives.

Parallèlement à ce dynamisme du cinéma français et de la salle, la France est l’un des pays les plus ouverts sur le monde puisqu’en 2014, 116 films ont été coproduits avec 38 pays différents. Notre pays continue ainsi de jouer un rôle unique dans le cinéma européen et mondial. Hommage soit rendu à Louis Lumière !

 

Hortense de Labriffe
Déléguée générale de l association des Producteurs Indépendants (API)
Membre de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale

 

 

« Encourager l’innovation en France et en Europe. Autour du bicentenaire de la Société d’encouragement   pour l’industrie nationale »,

S.Benoit, G.Emptoz et D.Woronoff (dir.) Paris, CTHS, 2006

Un recueil de communications à l’occasion du colloque sur la Société pour son bicentenaire en 2001: différents aspects de l’histoire de la Société et de l’action de ses dirigeants sont passés en revue; une comparaison avec d’autres institutions comparables est également faite.

A commander auprès de la Société d’Encouragement pour l’Industrie Nationale

 

« Associer le développement artistique et l’innovation et promouvoir les arts industriels ; une orientation majeure de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale au XIXème siècle »,

S.Benoit,  dans P.Lamard  et  N.Stoskopf   (éd.), Art et industrie XVIIème- XXIème siècle, actes des quatrièmes Journées d’histoire industrielle de Mulhouse et Belfort, 18-19 novembre 2010, p. 39-50.

artindustrie

Serge Benoit montre dans cet article, l’importance que prennent très rapidement les questions artistiques dans l’activité de la Société, ce qui conduira à la création d’une commission puis d’un comité spécialisé, dans le contexte d’un intérêt croissant pour les arts industriels.

 

« Des espaces au service d’un projet: les hôtels de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale et leurs fonctions au XIXe siècle, 1801-1914»,

Benoit et D. Blouin, p. 175-191 dans A. Despy-Meyer éd., Institutions and Societies for Teaching, Research and Popularisation, Turnhout, Brepols, 2000.

Un article fondé sur le dépouillement des archives de la Société, où l’on souligne les relations entre les locaux occupés successivement par la Société, leur organisation et leur aménagement, et l’évolution de ses projets et de ses activités.

 

« Autour du chimiste Jacques-Louis Thenard (1777-1857) – Grandeur et fragilité d’une famille de notables au XIXème siècle »,

A-C. Déré & G. Emptoz, 2008, 436 p.

 

Louis-Jacques Thénard

Louis-Jacques Thénard

Louis-Jacques Thenard (1777-1857)  a été le second président de la société d’encouragement. Chimiste – on lui doit entre autre la découverte de l’eau oxygénée –  membre de l’Académie des Sciences, il a été également  enseignant au collège de France, à l’Ecole polytechnique et premier titulaire de la chaire de chimie à la Faculté des sciences de Paris. L’article présente les grands aspects de sa personnalité et de son activité.

Accessible à partir de : http://histoiresein.hypotheses.org/219